Cap Gemini a annoncé hier, lundi 24 juin 2019, le lancement d’une OPA amicale sur Altran au prix unitaire de 14€ par action. Cela valorise Altran 3.6Mds€, auxquels il faut ajouter 1.4Mds€ de dette, valorisant l’ensemble (valeur d’entreprise) à environ 5.0Mds€.
LM Invest France (LMIF) a initié les premières opérations d’achat du titre à l’été 2018, Altran devenant finalement une position stratégique conseillée aux Clients. La position est cours de liquidation depuis hier et LMIF n’a plus un Client en conseil sur la valeur.
Trois remarques sur Altran et sur cette opération.
Avant tout, c’est une grande satisfaction de constater qu’Altran va demeurer une société française. L’actionnariat dispersé, ainsi que la très faible valorisation du groupe, chaque jour plus affaibli par des positions de ventes à découvert, rendaient Altran particulièrement vulnérable à une acquisition. Elle a lieu, c’est la « Rolls » Cap Gemini qui ramasse la mise, tant mieux. Et tant pis pour Marshall Wace (-4% de la valeur d’Altran vendeuse à découvert), AQR (-2%) ou encore CFM (-1%), AHL (-1%), Soros (-1%)… cités par taille de position vendeuse selon des sources Bloomberg. On estime qu’il y a eu jusqu’à 14% de la capitalisation boursière d’Altran vendue à découvert.
Deuxième remarque, à 14€, Altran est « pas mal », voire bien valorisée. 7X EBITDA, 15X P/E, 1.0X les ventes, 1.0X les actifs. Dans le contexte actuel, compte tenu de l’endettement un peu élevé et de la taille du groupe sans doute insuffisante, la valorisation de 14€ est acceptable. Disons qu’elle correspond à la bonne réalisation du plan stratégique « Altran 2020. Ignition. » Si le plan « The High Road, Altran 2022 » avait été réalisé, alors la valorisation aurait pu être plus élevée dans quelques mois ou années. Notons enfin qu’avec 46.000 ingénieurs à travers le monde, Altran à 2.0Mds€ ne valait même pas 40k€ / ingénieur, soit moins cher qu’en procédant à des recrutements avec un chasseur de tête. Pour ceux qui trouveront la valorisation un peu élevée, ils doivent avoir en tête que le marché adressé est en croissance structurelle de plus de 10% / an, dans les domaines extrêmement variés qui constituent la « transformation numérique ».
Troisième et dernière remarque. Le cas d’investissement Altran est l’exemple type de ce que sait réaliser LMIF : détecter des valeurs fortement décotées pour de mauvaises raisons. A l’été 2018, aucun investisseur ne voulait entendre parler d’Altran à la suite de l’erreur, il est vrai énorme, commise dans le cadre de l’acquisition d’Aricent aux Etats-Unis. De nombreuses recherches et rencontres ont été nécessaires pour comprendre ce qui c’était passé et, surtout, tenter de comprendre la dynamique future du groupe. Notamment une rencontre, passionnante, avec Dominique Cerutti, PDG d’Altran, en janvier 2019. Ce sont ces recherches et rencontres qui ont permis de comprendre qu’Altran faisait partie des très rares cas de valeurs décotées pour de mauvaises raisons.
Les marchés européens, fragiles, s’y prêtent : il existe d’autres Altran dans le marché, dans des domaines très divers, et c’est la mission de LMIF d’y investir et de faire investir ses Clients.
