| Depuis le mois d’août 2020, le taux 10 ans américain a plus que triplé, passant de 0.50% à 1.60%. Entre autres effets bénéfiques, la normalisation des valorisations des valeurs technologiques, au premier titre desquelles les GAFAM -Google, Apple, Facebook, Amazaon et Microsoft. Lire la suite… |
Catégorie : Market Flash
- La société GameStop est un distributeur américain (siège social à Grapevine, Texas) de jeux vidéo en magasins et en ligne, aux US sous la marque GameStop et en Europe, depuis 2008, sous la marque Micromania.
- En moins de 3 mois et avec une forte accélération au cours du mois de janvier 2021 (+1.600%), la capitalisation boursière de GameStop est passée de 200M$ à 23Mds$, une progression supérieure à +6.000%.
- Les acheteurs sont essentiellement des actionnaires individuels, qui échangent leurs informations sur le site communautaire américain Reddit (http://www.reddit.com). Créé en 2005 par Steve Huffman, on trouve sur ce site des milliers de communautés (des « subreddit » dont chaque nom est précédé de r/) correspondant à autant de centres d’intérêt, de la pêche au base-ball en passant par la politique, animées par des millions de membres (dont le surnom est précédé par u/).
- La communauté la plus connue dans le domaine de la finance s’appelle « WallStreetBets » : r/wallstreetbets. 8 millions de membres… dont, par exemple, dans les plus réputés, pour saisir un peu l’ambiance en citant quelques noms, u/BadassTrader ou u/DeepFuckingValue.
- C’est au sein de cette communauté qu’a été échafaudé le projet actuellement en cours de déroulement consistant à « short squeezer » les vendeurs à découvert du titre GameStop, c’est-à-dire à forcer ceux-ci à se racheter, à n’importe quel prix.
- Ces positions de ventes à découvert sont considérées par les boursicoteurs se revendiquant de « Main Street » comme étant le fait de hedge funds de « Wall Street ». En gros, les pauvres boursicoteurs individuels veulent se venger des riches gérants de hedge funds de Wall Street, la « plèbe » veut short squeezer les « élites ».
- Ces actionnaires individuels traitent essentiellement sur les plateformes Robinhood (http://www.robinhood.com) et Interactive Brokers (http://www.interactivebrokers.com). Or, ces plateformes ont décidé en fin de semaine dernière de suspendre temporairement le trading sur un certain nombre de titres concernés, pour des motifs techniques et réglementaires, mettant le feu aux poudres et créant une situation de chaos politique aux Etats-Unis, le régulateur américain étant soupçonné de vouloir défendre les intérêts des « plus riches » -en faisant cesser le trading ils font cesser la hausse du cours et donc le squeeze– grâce à une collusion avec les plateformes de trading.
Première remarque – Il est impossible de ne pas faire de rapprochement entre ces faits et l’invasion du Capitole le mercredi 6 janvier au soir. La rhétorique utilisée, la violence des propos exprimés par les traders de Reddit, la concordance de temps et la méthode de masse présentent trop de similitudes, et de toute façon l’action est revendiquée comme telle, une attaque du peuple contre les élites.
Deuxième remarque – La réglementation de l’usage de certains réseaux sociaux, et plus généralement leur régulation complète va immanquablement, et très rapidement, revenir au centre du débat.
Troisième remarque – Ce type de dysfonctionnements de marché se caractérisant par un défaut de liquidité ou des défaillances ou contraintes techniques (en l’occurrence un possible défaut du système de compensation électronique invoqué par les brokers) ne sont jamais bons et doivent être suivis de près, aussi anodins le titre concerné ou l’opération elle-même puissent-ils paraitre. On demeurera en particulier vigilant quant aux répercussions sur les marchés européens.
Huit ans après sa mise en place par Ben Bernanke en 2012, la Réserve fédérale américaine a annoncé, lors du forum (virtuel) de Jackson Hole, modifier un principe fondamental de sa politique monétaire, consistant à systématiquement remonter les taux d’intérêt lorsque le taux d’inflation dépasse le seuil de 2%. Les conséquences sur les marchés financiers seront profondes.
Résumé en 1 minute
- Les mouvements de marchés actuels sont impressionnants mais il ne faut pas s’émouvoir outre mesure d’un possible changement de régime de volatilité, qui peut aussi trouver son origine dans d’autres explications théoriques.
- D’autant que le risque structurel de marché demeure faible et n’a pas été impacté par la crise du Coronavirus. A cet égard d’ailleurs, une intervention des banques centrales ne se justifie pas tellement.
- Néanmoins, à l’inverse, il ne faut pas sous-estimer l’ampleur inédite du dysfonctionnement économique créé par la propagation du virus. C’est la raison pour laquelle, préventivement, la Fed a décidé d’agir, par surprise. Certes, elle n’avait pas agi ainsi depuis 2008, mais on se gardera de toute comparaison historique trop poussée car depuis, la doctrine de l’institution a considérablement évolué : doctrine « d’action préventive » développée dans de nombreux discours.
- Cette crise intervient néanmoins dans un contexte économique et de marché exceptionnels aux États-Unis.
- En Europe en revanche, dans des marchés fragiles, les distorsions de prix sont considérables et il faut en tirer profit.
La BCE dévoile ce jour une nouvelle série de mesures en faveur d’un assouplissement de la politique monétaire. Le nouveau dispositif repose sur cinq piliers.
1/ Baisse du taux de dépôt de -0.40% à -0.50%. Je déplore cette mesure.
2/ Mécanisme d’exemption des banques sur une partie des réserves excédentaires placées à la BCE, adoption de fait d’un système dit « 2-tear » : une partie est exemptée mais pas l’ensemble. C’est une mesure intéressante (qui doit être détaillée) visant un rétablir un tant soit peu la rentabilité du secteur.
3/ Abandon de toute Guidance jusqu’à ce que l’inflation revienne à des niveaux supérieurs. Un changement profond de doctrine.
4/ Reprise de la politique de rachats d’actifs obligataires sur le marché à compter du 01/11 à raison de 20Mds€ / mois.
5/ Abaissement du taux d’intérêt sur les opérations de TLTRO (Targeted Longer-Term Refinancing Operations, octroi de prêts aux banques) et allongement des maturités de 2 à 3 ans sur ces opérations.
LMIF reste à votre disposition pour discuter de ces annonces aux répercussions probablement profondes.
Cap Gemini a annoncé hier, lundi 24 juin 2019, le lancement d’une OPA amicale sur Altran au prix unitaire de 14€ par action. Cela valorise Altran 3.6Mds€, auxquels il faut ajouter 1.4Mds€ de dette, valorisant l’ensemble (valeur d’entreprise) à environ 5.0Mds€.
LM Invest France (LMIF) a initié les premières opérations d’achat du titre à l’été 2018, Altran devenant finalement une position stratégique conseillée aux Clients. La position est cours de liquidation depuis hier et LMIF n’a plus un Client en conseil sur la valeur.
Trois remarques sur Altran et sur cette opération.
Avant tout, c’est une grande satisfaction de constater qu’Altran va demeurer une société française. L’actionnariat dispersé, ainsi que la très faible valorisation du groupe, chaque jour plus affaibli par des positions de ventes à découvert, rendaient Altran particulièrement vulnérable à une acquisition. Elle a lieu, c’est la « Rolls » Cap Gemini qui ramasse la mise, tant mieux. Et tant pis pour Marshall Wace (-4% de la valeur d’Altran vendeuse à découvert), AQR (-2%) ou encore CFM (-1%), AHL (-1%), Soros (-1%)… cités par taille de position vendeuse selon des sources Bloomberg. On estime qu’il y a eu jusqu’à 14% de la capitalisation boursière d’Altran vendue à découvert.
Deuxième remarque, à 14€, Altran est « pas mal », voire bien valorisée. 7X EBITDA, 15X P/E, 1.0X les ventes, 1.0X les actifs. Dans le contexte actuel, compte tenu de l’endettement un peu élevé et de la taille du groupe sans doute insuffisante, la valorisation de 14€ est acceptable. Disons qu’elle correspond à la bonne réalisation du plan stratégique « Altran 2020. Ignition. » Si le plan « The High Road, Altran 2022 » avait été réalisé, alors la valorisation aurait pu être plus élevée dans quelques mois ou années. Notons enfin qu’avec 46.000 ingénieurs à travers le monde, Altran à 2.0Mds€ ne valait même pas 40k€ / ingénieur, soit moins cher qu’en procédant à des recrutements avec un chasseur de tête. Pour ceux qui trouveront la valorisation un peu élevée, ils doivent avoir en tête que le marché adressé est en croissance structurelle de plus de 10% / an, dans les domaines extrêmement variés qui constituent la « transformation numérique ».
Troisième et dernière remarque. Le cas d’investissement Altran est l’exemple type de ce que sait réaliser LMIF : détecter des valeurs fortement décotées pour de mauvaises raisons. A l’été 2018, aucun investisseur ne voulait entendre parler d’Altran à la suite de l’erreur, il est vrai énorme, commise dans le cadre de l’acquisition d’Aricent aux Etats-Unis. De nombreuses recherches et rencontres ont été nécessaires pour comprendre ce qui c’était passé et, surtout, tenter de comprendre la dynamique future du groupe. Notamment une rencontre, passionnante, avec Dominique Cerutti, PDG d’Altran, en janvier 2019. Ce sont ces recherches et rencontres qui ont permis de comprendre qu’Altran faisait partie des très rares cas de valeurs décotées pour de mauvaises raisons.
Les marchés européens, fragiles, s’y prêtent : il existe d’autres Altran dans le marché, dans des domaines très divers, et c’est la mission de LMIF d’y investir et de faire investir ses Clients.
Il y a un réel problème sur les anticipations de taux directeurs américains, et il faut de ce fait s’attendre à des décalages de marché, à la hausse ou à la baisse, le temps que la situation ne se normalise. La réunion FOMC de demain, mercredi 19 juin, est capitale.
